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Prière à la pompe

Prière à la pompe

Un petit moment de vie sur la route – avec un grand final

Reinhold est toujours plein de surprises – dans le bon sens… comme dans l’impatience. Surtout en voyage !

Ce qui commence de manière tout à fait anodine peut rapidement dégénérer. Et ceux qui connaissent Reinhold le savent bien : un grand final bruyant est presque toujours garanti.

 

Scène : une station-service Mobile sur Burbank Road

Pour mieux comprendre : aux États-Unis, il faut payer à l’avance lorsqu’on fait le plein. Ce qui, pour diverses raisons techniques, ne fonctionne pas toujours avec une carte de crédit allemande.

Quelque part entre décor de western et réalité.

 

Mais Reinhold, en bon bricoleur, a trouvé la solution : les stations de la marque MOBILE, elles, acceptent sa carte. Dès que l’aiguille du réservoir commence à pencher dangereusement vers le rouge, il en cherche une activement.

 

Un geste simple ?
Pas pour Reinhold !

En théorie, c’est facile : insérer la carte, suivre les instructions à l’écran – et c’est parti.

Mais bien sûr… rien ne se passe.

Carte insérée. Rien.
Carte retirée, puis réinsérée. Rien.
Un petit coup sur la pompe. Toujours rien.
Puis un bon coup de poing, accompagné du fameux mot en « F », murmuré avec colère. Toujours rien !

Elles ont l’air inoffensives. Mais elles ont mis les nerfs à rude épreuve.

 

Je reste dans la voiture, faisant semblant de ne rien remarquer. Jusqu’à ce que Reinhold, le visage écarlate, fonce à grands pas vers le petit magasin de la station.

 

Une rencontre inattendue

Heureusement, il revient assez vite. Pas le temps d’avoir étranglé quelqu’un, pense-je.
Mais il a l’air d’avoir croisé un extraterrestre.

« Là-dedans, raconte Reinhold, il y a un vieux monsieur, manifestement d’origine indienne, assis sur un tabouret derrière la caisse. Tête baissée, les bras ouverts – et il prie ! Et quand j’ai voulu me plaindre à haute voix, il a levé la main sans même me regarder – comme pour dire : ‘Écarte-toi, Reinhold.’ »

 

Retour à la pompe

Deuxième tentative.
Carte – rien.
Encore – rien.
Et puis, un bon coup de pied sur la pompe. Tout l’édifice MOBILE tremble. J’ai peur qu’il s’écroule.

Reinhold repart vers le magasin – cette fois bien décidé à hurler sur le coupable.
Mais encore une fois : le vieux monsieur est là, immobile. Il prie. Impassible.

 

Une aide venue du ciel ?

Avant que Reinhold ne tente une troisième attaque, un homme frêle et plus âgé arrive d’un pas vif. Il se place calmement à côté de Reinhold et lui dit avec un sourire :
« Insère la carte. »

Reinhold, irrité : « Tu crois que je fais quoi depuis tout à l’heure ? »
« Réessaie. »

Et là – miracle !
Ça fonctionne. Sans souci. Comme par magie. Ou disons plutôt : grâce à la prière.

Parfois, la prière aide. Parfois, c’est l’humour.

L’après et le souvenir

Les deux hommes discutent ensuite un bon moment.
Le vieil homme avait vécu quelques années à Stuttgart – et il dit qu’il aime beaucoup les Allemands.

 

La morale de l’histoire

Si on ne veut pas se plonger dans la prière tout de suite…
un peu de patience peut aussi faire des miracles.

 

D’autres réflexions de la série « La vie entre les deux » se trouvent ici.



Blogueuse voyage 70+, numérique et élégante – Edith avec iPad et champagne dans un salon

À propos d’Edith : Elle a plus de 70 ans et n’a jamais été aussi curieuse. Sur son blog
wanderlust-knows-no-age.com
elle écrit sur les voyages, les souvenirs et la vie entre les deux — avec poésie, sincérité et toujours une pointe d’humour.
À ses côtés : Reinhold, navigateur infatigable, calme impatient et gardien discret du sac de pique-nique.

 

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