Une valse, une chute et un jeune lièvre
Ou : Comment je suis descendue très vite au Bal des Médecins dans la Hofburg de Vienne
Prologue – Une invitation avec un éclat de prestige
Chaque année, nous recevons une invitation pour le bal à la Hofburg de Vienne. Nous y sommes allés de nombreuses fois : nous avons dansé, ri et transformé la nuit en matin.
Un jour, en racontant cela à notre fille Tanja et à son mari Sam, les yeux de Sam se sont mis à briller. Sam est médecin — et soudain, le projet était né : l’année suivante, le Bal des Médecins.
Ils sont donc venus de Boston. Nous, de Hambourg. Point de rencontre : Vienne.
Certaines familles se retrouvent dans un café.
Nous, dans un palais impérial.
L’art de faire son entrée
La Hofburg, à elle seule, mérite le voyage. Mais les soirs de bal, elle devient une scène.
Partout des robes du soir, des queues-de-pie, des nœuds papillon. Tenue exigée : White Tie. Strict. Solennel. Légèrement terrifiant pour ceux qui n’ont pas emporté la bonne valise.
Nous montons le grand escalier recouvert de tapis rouges et nous nous sentons aussitôt plus distingués. Un photographe attend déjà sur le premier palier.
Peut-être même que Sissi et l’empereur François-Joseph ont autrefois emprunté ces mêmes marches.
Et maintenant, nous.
Nous ne marchions pas.
Nous glissions.
Tout le monde valse
Plus tard, l’appel retentit : « Alles Walzer ! » — et toute retenue disparut.
On dansait dans les salles, on riait dans les couloirs, de la musique live jouait ailleurs, et quelque part une discothèque attirait les curieux.
La Hofburg pouvait tout être à la fois : opéra, salle de bal, boîte de nuit.
Et nous étions bien décidés à profiter de la nuit jusqu’au dernier instant.
La descente
Pendant une pause, nous étions en haut de l’escalier, prêts à redescendre.
Puis c’est arrivé.
Mon soulier s’est accroché à un fil du tapis en sisal. Je me suis tordu le pied, j’ai perdu l’équilibre, ma main a glissé de celle de Reinhold — et je suis tombée.
Pas une marche.
Pas deux.
Tout l’escalier.
Au milieu de personnes élégamment habillées, qui s’attendaient probablement à beaucoup de choses ce soir-là — mais pas à moi.
En tombant, j’ai encore vu Reinhold essayer de me rattraper et trébucher derrière moi.
Ma seule pensée :
Ça va mal finir. Il va heurter le mur d’une seconde à l’autre.
Mais au lieu de cela, quelque chose d’absolument inattendu s’est produit :
D’un bond courageux, il a sauté par-dessus moi — j’étais déjà allongée en bas — et s’est réceptionné sans encombre.
Bal des Médecins – L’endroit idéal pour tomber
Nous étions tous les deux indemnes.
Seule ma dignité avait brièvement perdu connaissance.
Tanja et Sam, restés en haut, n’en revenaient pas de ce qu’ils venaient de voir.
Puis quelque chose de touchant s’est produit :
Personne n’a ri. Personne n’a levé les yeux au ciel. Au contraire, plusieurs personnes ont immédiatement demandé si tout allait bien et si elles pouvaient aider.
Il s’est donc avéré que, pour une chute spectaculaire dans un escalier, je n’aurais pas pu choisir meilleur endroit qu’un Bal des Médecins.
Épilogue – Une phrase pour la chronique familiale
Plus tard, nous étions de nouveau à table, en train de revivre la scène une fois encore.
Alors Sam a dit, avec son merveilleux accent américain, d’un ton parfaitement calme :
« Reinhold, tu as sauté comme un jeune lièvre. »
Depuis ce jour, je regarde mon mari autrement.
D’autres pensées de la série « La vie entre deux »
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elle écrit sur les voyages, les souvenirs et la vie entre les deux — avec poésie, sincérité et toujours une pointe d’humour.
À ses côtés : Reinhold, navigateur infatigable, calme impatient et gardien discret du sac de pique-nique.
